Programme forme · famille

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Programme famille · 26 semaines

Reprendre la forme, durablement

Damien, Julie et leurs deux enfants. Un plan de six mois construit pour être encore suivi au douzième : pas de suppression d'aliments, pas de compte de calories à vie, pas de séance de deux heures. On ajuste ce qui existe déjà.

La plupart des programmes échouent non pas parce qu'ils sont inefficaces, mais parce qu'ils sont insoutenables. Celui-ci est calibré sur une seule contrainte : pouvoir être maintenu sans effort de volonté au bout de six mois.

Rythme cible
0,5 kg
par semaine, au maximum. Plus vite, c'est du muscle et de l'eau — et ça revient.
Sur 6 mois
8 à 12 kg
Réaliste pour un adulte. L'objectif réel : que ce soit toujours vrai au 12e mois.
Engagement
2-3 × 45 min
Par semaine et par personne. Rien de plus. Le reste se joue dans le quotidien.

Les cinq règles du programme

1. On ne change jamais plus de deux choses à la fois

Chaque changement simultané divise les chances de tenir. Le mois 1 ne contient que deux ajustements alimentaires et l'installation des créneaux de sport. Le reste attend.

2. La régularité passe avant l'intensité

Une séance moyenne faite 3 fois par semaine pendant 6 mois bat très largement une séance parfaite faite 3 semaines. Les deux premiers mois sont volontairement faciles — leur seul but est d'installer le rendez-vous.

3. Rien n'est interdit

Le barbecue de l'été reste. Le fromage reste. Le vin reste. Ce sont les quantités et les fréquences qui bougent, pas la liste des aliments. Un programme qui supprime le plaisir se termine toujours de la même façon.

4. Le poids n'est pas le seul verdict

Le tour de taille, l'énergie du matin, le sommeil et la force sont des indicateurs au moins aussi fiables. On peut perdre 4 cm de tour de taille sans bouger d'un kilo — c'est un excellent résultat, pas un échec.

5. Une semaine ratée n'annule rien

Six mois font 26 semaines. Quatre semaines difficiles sur 26 restent un programme réussi à 85 %. La seule erreur qui compte est d'arrêter, pas de manquer.

Les trois phases

Mois 1-2 · Semaines 1-8

Installer

Objectif : que les créneaux existent dans l'agenda et soient tenus. Volume faible, intensité modérée. On sort de chaque séance en se disant qu'on aurait pu en faire plus — c'est voulu.

Mois 3-4 · Semaines 9-17

Construire

L'habitude tient, le corps s'est adapté. On monte le volume et on introduit l'intensité (intervalles, dénivelé, charge). C'est la phase où les résultats deviennent visibles.

Mois 5-6 · Semaines 18-26

Autonomiser

On varie, on choisit ce qu'on aime, on prépare la suite. À la fin de cette phase, le programme doit avoir cessé d'être un programme pour devenir simplement la façon dont la semaine se passe.

Qui fait quoi

PersonneContexteColonne vertébraleObjectif
Damien Déjà actif (course, marche). Rameur, tapis sous le bureau, montagne à la porte. Rameur + renforcement + sortie longue en montagne. Et surtout : le tapis de bureau. Perte de poids & condition physique
Julie N'aime pas courir. Le rameur et la marche sont les bons leviers. Rameur (zéro impact) + renforcement + marche rapide / randonnée. Perte de poids & condition physique
Léo 12-14 ans, en pleine croissance. Renforcement au poids du corps, technique d'abord, encadré. Force, posture, transit — pas de perte de poids
Chloé 15-17 ans. Ligamentoplastie du genou, rééducation en cours avec kiné, reprise de la marche. Le kiné pilote. Ce document ne traite que le sommeil, le transit et la forme hors genou. Sommeil, transit, moral — pas de perte de poids
Quatre personnes, deux objectifs très différents

Vous et Julie suivez un programme de perte de poids et de condition physique. Vos deux enfants, non. Ils sont en croissance : leurs objectifs sont la force, le sommeil, le transit et le plaisir de bouger, et aucune restriction alimentaire ne les concerne. C'est une distinction qu'il vaut mieux tenir explicitement, y compris dans les conversations à table.

Avant de commencer

Un avis médical est recommandé pour tout adulte reprenant l'activité après une période creuse, et particulièrement en cas d'antécédents cardiovasculaires, de douleurs articulaires ou de traitement en cours. Pour Léo, un certificat de non-contre-indication chez le médecin traitant est l'occasion idéale de valider le cadre avec un professionnel qui le connaît.

Ce document est un plan général construit sur les recommandations publiques d'activité physique. Il ne remplace pas un suivi personnalisé par un médecin, un diététicien ou un coach.

Programme individuel

Damien

Vous partez avec un avantage réel : vous bougez déjà, et votre matériel est excellent. Le rameur est probablement le meilleur appareil domestique qui existe, et vivre en montagne remplace n'importe quelle salle de sport. Le plan ci-dessous structure ce que vous faites déjà plutôt que de le remplacer.

Le levier n° 1, et il n'est pas dans les séances

Le tapis de marche sous votre bureau. Trois heures par jour à 3-4 km/h représentent de l'ordre de 500 à 800 kcal supplémentaires — c'est-à-dire davantage que vos trois séances hebdomadaires réunies, sans fatigue, sans récupération à gérer, sans créneau à trouver.

Si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de ce document, ce serait celle-là. Traitez le tapis comme le pilier du programme et les séances comme le complément, et non l'inverse.

Progression du tapis de bureau

PhaseObjectif quotidienComment
Installer45 min → 1 h 30Deux blocs : les appels/visios et la lecture de documents. On ne marche pas en écrivant au début.
Construire2 h → 2 h 30On ajoute les créneaux d'e-mails. Vitesse stable 3,5-4 km/h.
Autonomiser3 h et plusDevient le réglage par défaut : on s'assoit quand la tâche l'exige, plus par habitude.

La semaine type — 3 séances

Séance A — Rameur

45 min · en semaine, matin ou soir

Le rameur sollicite environ 85 % de la masse musculaire sans impact articulaire. Cadence de travail : 20-24 coups/min. La puissance vient des jambes (60 %), puis du tronc, puis des bras — jamais l'inverse.

PhaseSéance
Installer10 min échauffement facile · 20 min continu à allure conversation (vous devez pouvoir parler) · 8 min technique cadence 18-20 · 5 min retour au calme
Construire10 min échauffement · 8 à 10 × (1 min soutenu / 1 min facile) · 10 min continu · 5 min retour au calme
Autonomiser10 min échauffement · 4 × (4 min soutenu / 2 min récup) ou 30 min continu à allure tenue · 5 min retour au calme
Alterner les deux formats d'une semaine à l'autre.

Séance B — Renforcement complet

45 min · en semaine

En période de perte de poids, le renforcement n'est pas optionnel : c'est ce qui garantit que les kilos perdus viennent de la graisse et non du muscle. Six mouvements, en circuit, 60 à 90 s de récupération entre les tours.

MouvementInstallerConstruireAutonomiser
(poids du corps)2 × 103 × 153 × 12 lesté ou 3 × 10/jambe
2 × 8 (mains surélevées si besoin)3 × 12 au sol3 × 10 pieds surélevés
(élastique, haltère ou traction assistée)2 × 103 × 123 × 8-10 plus lourd / traction
2 × 8/jambe3 × 12/jambe3 × 10/jambe lestées
2 × 30 s3 × 45 s3 × 45 s dynamique (bras levé alterné)
2 × 123 × 153 × 12 sur une jambe

Règle de progression : on n'augmente que lorsque la dernière répétition de la dernière série reste propre et sans compensation. Sinon on reste une semaine de plus.

Séance C — Sortie longue en montagne

60-90 min · week-end

C'est la séance qui compte le plus pour le moral, et celle qui se partage. Course, marche rapide ou randonnée selon l'envie — le dénivelé fait le travail à votre place.

PhaseDénivelé positifConsigne
Installer300-400 mAllure conversation stricte, marche en montée assumée. On finit frais.
Construire500-700 mAlterner course et marche rapide en montée. Descente contrôlée.
Autonomiser800-1000 mSortie longue une semaine sur deux, sortie plus courte et soutenue l'autre.

Une semaine sur deux, faites-en la sortie familiale. Marche pour Julie, dénivelé pour vous, et le meilleur cadre possible pour Léo. Chloé ne peut pas encore suivre : prévoyez régulièrement une version courte et plate à laquelle elle puisse participer, plutôt que de la laisser systématiquement à la maison. C'est le rendez-vous à ne jamais sacrifier.

Si vous n'avez que deux séances cette semaine

Gardez la séance B (renforcement) et la séance C (montagne). Le rameur est le plus facile à rattraper, et le tapis de bureau compense le cardio manquant.

Mettre ces séances dans l'agenda

Rameur, renforcement et sortie longue : trois rendez-vous hebdomadaires, répétés sur les 26 semaines. Bloquez d'abord vos heures de travail dans l'onglet Agenda, le placement se fera dans ce qui reste.

Programme individuel

Julie

Ne pas aimer courir n'est pas un handicap — c'est une information utile. La course n'a aucune propriété magique : elle est simplement pratique. Le rameur et la marche rapide en montagne produisent les mêmes effets, avec moins d'impact articulaire et une progression plus confortable. Ce programme ne contient aucune course à pied.

Pourquoi le rameur est le bon choix ici

Il sollicite les jambes, le dos, le tronc et les bras dans un seul mouvement, sans aucun impact sur les genoux ni les hanches. L'intensité est entièrement pilotée par la personne : on peut y aller très doucement les premières semaines sans que la séance perde son intérêt. C'est exactement ce qu'il faut pour une reprise progressive.

La semaine type — 3 séances

Séance A — Rameur

30-45 min
Technique avant tout — les 3 premières séances

Un rameur mal exécuté provoque des douleurs lombaires. L'ordre est : jambes → tronc → bras à la traction, puis bras → tronc → jambes au retour. Le dos reste droit, on ne tire jamais avec les lombaires, et on ne se penche pas en arrière au-delà de la verticale légère. Cadence lente (18-20 coups/min) tant que le geste n'est pas automatique. Les trois premières séances sont techniques : 5 × 3 min avec pause, pas plus.

PhaseSéance
Installer5 min échauffement · 3 à 4 × (5 min facile / 2 min pause) · 5 min retour au calme
On termine en se sentant capable d'en faire plus. Toujours.
Construire5 min échauffement · 20 à 25 min continu à allure conversation, ou 6 × (2 min soutenu / 1 min facile) · 5 min retour au calme
Autonomiser5 min échauffement · 30 min continu ou 8 × (1 min soutenu / 1 min facile) · 5 min retour au calme

Séance B — Renforcement complet

30-40 min

Même logique que pour Damien, avec des variantes de départ adaptées. Cette séance peut se faire à deux : chacun sa version du mouvement, même circuit, même moment.

MouvementInstallerConstruireAutonomiser
(s'asseoir/se lever)2 × 103 × 15 sans toucher l'assise3 × 12 squat complet, lesté si à l'aise
(mains sur un plan de travail)2 × 6-83 × 10 sur une chaise3 × 8-10 au sol, genoux ou pieds
2 × 103 × 123 × 12 élastique plus résistant
(appui mural si besoin)2 × 6/jambe3 × 10/jambe3 × 12/jambe, marchées
genoux au sol2 × 20 s3 × 30 s sur les pieds3 × 45 s
2 × 103 × 153 × 12 avec pause 2 s en haut

Séance C — Marche rapide / randonnée

45-90 min · week-end de préférence

La marche rapide en montagne est un exercice sérieux, pas une consolation. Sur un dénivelé, elle atteint sans difficulté l'intensité d'un footing sur le plat — avec une fraction de la contrainte articulaire.

PhaseDurée / déniveléConsigne
Installer45 min · 150-250 mAllure soutenue mais confortable. On doit pouvoir parler par phrases courtes.
Construire60-75 min · 300-450 mChercher la montée. Ne pas s'arrêter dans les portions raides, ralentir plutôt.
Autonomiser75-90 min · 500-600 mRandonnée complète. Bâtons bienvenus en descente pour les genoux.

À ajouter si l'envie vient

Aucune de ces options n'est nécessaire au programme. Elles sont là parce que la variété est ce qui fait tenir un plan de six mois, et parce qu'une activité qu'on choisit vaut mieux qu'une activité qu'on subit.

Vélo

Même bénéfice cardio que le rameur, en extérieur, et aucun impact. Excellent en montagne, y compris à assistance électrique — le dénivelé reste du travail.

Natation

La seule activité qui décharge totalement les articulations. Une séance peut remplacer la séance rameur sans rien perdre.

Yoga / Pilates

En complément, pas en remplacement du renforcement. Très efficace sur la mobilité, la posture et le sommeil.

Danse, escalade, ski de rando

Tout ce qui donne envie d'y retourner est mécaniquement supérieur à ce qui est optimal sur le papier.

Mettre ces séances dans l'agenda

Rameur, renforcement et marche : trois rendez-vous hebdomadaires sur 26 semaines. La séance de renforcement peut être calée en même temps que celle de Damien — c'est le même circuit, dans des versions différentes.

Programme individuel

Léo · 12-14 ans

Le cadre, d'abord

Ce programme n'a aucun objectif de perte de poids. Un adolescent de 12 à 14 ans est en pleine croissance : son corps a besoin d'un apport énergétique complet, et toute forme de restriction à cet âge présente des risques réels — sur la croissance, sur la densité osseuse, et sur le rapport à l'alimentation à long terme.

Les objectifs sont ici la force, la posture, la coordination et la confiance. Il mange à sa faim, il mange la même chose que vous en quantité adaptée à son appétit, et personne ne commente son corps. Si vous avez une inquiétude sur son poids ou sa corpulence, c'est une conversation à avoir avec son médecin, pas un sujet à traiter par le sport ou l'assiette.

Ce que dit la littérature sur le renforcement à cet âge

L'idée que la musculation « bloque la croissance » chez l'adolescent est une croyance ancienne, contredite par les positions actuelles des sociétés savantes de préparation physique. Un renforcement correctement encadré est sûr et bénéfique dès l'enfance : il améliore la force, la densité osseuse, la coordination motrice et réduit le risque de blessure dans les autres sports.

Les conditions de cette sécurité sont précises, et ce sont elles qui comptent :

La séance — 30 à 40 minutes, 2 à 3 fois par semaine

Échauffement (8 min) — 3 min de rameur ou de corde à sauter, puis rotations d'épaules, de hanches, de chevilles, 10 squats à vide, 10 rotations de bras.

MouvementMois 1-2Mois 3-4Mois 5-6
poids du corps1-2 × 10 — apprendre le geste2-3 × 123 × 12, ou haltères légers si technique parfaite
2 × 5-8, mains surélevées2-3 × 8-10 au sol3 × 10-12
/ 2 × 6-83 × 8-103 × 10, ou traction complète si possible
2 × 6/jambe2-3 × 10/jambe3 × 10/jambe
2 × 20 s3 × 30 s3 × 40 s + planche latérale
2 × 103 × 123 × 15
(corde, pieds joints)2 × 20 s3 × 30 s3 × 40 s

Le rameur peut compléter, 10 à 15 minutes en fin de séance — c'est aussi une bonne façon de lui apprendre un geste technique propre.

Ce qui fera vraiment la différence

Ce qui marche

  • Que ce soit un moment avec vous. À 13 ans, le contenu de la séance compte bien moins que le fait que son père soit là. C'est probablement la seule ligne de cette page qui compte vraiment.
  • Rendre la progression visible. Noter les répétitions et lui montrer la courbe. Passer de 5 à 12 pompes en deux mois est spectaculaire.
  • Le relier à quelque chose qu'il aime. Un sport, une activité, un objectif à lui. « Être plus fort au foot » motive infiniment plus que « faire du renforcement ».
  • Sortir en montagne. VTT, escalade, randonnée, ski — ça vaut toutes les séances.
  • Accepter les semaines sans envie. Sans commentaire et sans négociation.

Ce qui casse tout

  • Parler de son poids ou de son corps. Jamais, même positivement, même avec précaution.
  • Le comparer à vous, à sa sœur, à un camarade. La comparaison avec Chloé est particulièrement à éviter : elle est en rééducation, lui est en pleine croissance — leurs trajectoires n'ont rien à voir.
  • Le mettre au régime familial. Il mange à sa faim, point.
  • Chercher la charge maximale ou l'échec musculaire.
  • En faire une obligation avec sanction ou récompense. Ça détruit la motivation en quelques semaines.
  • Trois séances par semaine dès la première. Commencer à deux, ajouter la troisième s'il la réclame.

Mettre ces séances dans l'agenda

Deux séances par semaine, que le placement automatique répartit sur des jours non consécutifs, comme le recommandent les positions sur le renforcement chez l'adolescent. Une troisième séance ne s'ajoute que s'il la réclame.

Programme individuel

Chloé · 15-17 ans

Ligamentoplastie du genou, rééducation en cours, reprise de la marche. Ses objectifs — retrouver de la forme et mieux dormir — sont parfaitement atteignables pendant cette période. Mais ils passent par une porte étroite, et la première section ci-dessous n'est pas une formalité.

Le cadre — à lire avant tout le reste

Son kinésithérapeute pilote. Ce document ne contient aucun exercice pour son genou et n'en contiendra pas.

Après une ligamentoplastie, la progression est déterminée semaine par semaine par le protocole du chirurgien et l'évaluation du kiné — pas par un document générique écrit sans avoir vu le genou, le compte-rendu opératoire ni le type de greffe. La raison est mécanique : le greffon traverse un processus de remodelage biologique de plusieurs mois, avec une phase où il est mécaniquement plus fragile qu'au moment de la pose. Un mouvement sans le moindre risque au 6e mois peut compromettre le résultat au 2e. Personne ne peut situer ce curseur à distance.

Tout ce qui suit — y compris ce qui paraît anodin, y compris les exercices du haut du corps — est à présenter à son kiné sous forme de question : « est-ce que je peux faire ça, et à partir de quand ? ». Il connaît son dossier, son délai post-opératoire et son amplitude autorisée.

Repères de calendrier — indicatifs, à confirmer par son chirurgien

Ordres de grandeur généralement cités pour une ligamentoplastie du LCA : marche sans béquilles dans les premières semaines, vélo d'appartement à faible résistance assez tôt, course en ligne droite rarement avant 3 à 4 mois, pivots, sauts et sports de contact rarement avant 8 à 12 mois, et seulement après avoir passé des tests de force et de saut.

Chez l'adolescent, ces délais sont souvent allongés plutôt que raccourcis — le risque de récidive ou de rupture du côté opposé est plus élevé à cet âge, en particulier chez les jeunes filles. La pression pour reprendre plus vite est la principale cause de deuxième blessure. Ces chiffres sont là pour vous éviter d'espérer trop tôt, pas pour fixer un objectif.

Ce que ce document peut réellement apporter

Trois choses qui ne concernent pas directement son genou, et qui pèsent lourd pendant une rééducation longue : le sommeil (son objectif), la forme générale hors genou, et le moral.

1. Le sommeil

À 15-17 ans, le besoin est de 8 à 10 heures par nuit — davantage que chez l'adulte, et très rarement atteint. Deux facteurs se cumulent contre elle : à l'adolescence, l'horloge biologique se décale naturellement vers un endormissement plus tardif, alors que les horaires scolaires, eux, ne bougent pas. La blessure ajoute une troisième couche : gêne nocturne, chute de la dépense énergétique en journée, plus de temps sur écran, moral en baisse.

Ce qui marche, par ordre d'efficacité réelle

  1. Une heure de lever constante, week-end compris. C'est de loin le levier le plus puissant, et le plus impopulaire. Se lever à 11 h le samedi après s'être levée à 6 h 45 en semaine revient à s'infliger un décalage horaire de quatre fuseaux chaque week-end — et le dimanche soir devient mécaniquement insomniaque. Un écart d'une heure maximum.
  2. De la lumière du jour le matin, dans l'heure qui suit le lever. Dix à quinze minutes dehors, même par temps couvert : c'est le signal qui recale l'horloge interne, et il est bien plus fort que n'importe quelle lumière d'intérieur. À combiner avec sa marche de rééducation — les deux objectifs se servent l'un l'autre.
  3. De l'activité en journée, même assise ou limitée au haut du corps. Sans dépense, la pression de sommeil ne se construit pas. C'est le point le plus dégradé par une immobilisation, et le plus direct à corriger.
  4. Le téléphone hors de la chambre 45 minutes avant l'extinction. Le vrai problème n'est pas tant la lumière bleue que le contenu — qui maintient l'éveil — et le fait que l'écran repousse indéfiniment l'heure du coucher. Sortir l'appareil de la pièce marche ; le poser sur la table de nuit ne marche pas.
  5. Une chambre fraîche (18-19 °C), sombre et silencieuse. La baisse de température corporelle est un déclencheur physiologique de l'endormissement.
  6. Pas de caféine après 14 h — café, thé, mais surtout sodas au cola et boissons énergisantes, dont la demi-vie dépasse largement ce que les adolescents imaginent.
  7. Si le genou gêne la nuit : un coussin sous ou entre les genoux améliore souvent nettement le confort. À valider avec le kiné, car la position dépend du stade de la rééducation.
  8. Ne pas rester au lit éveillée plus de vingt minutes. Se lever, lumière faible, activité calme sans écran, revenir dès que la somnolence revient. Rester allongée à s'agacer apprend au cerveau que le lit est un lieu d'éveil.

Ce qui ne marche pas

  • Rattraper le week-end. Ça aggrave le problème au lieu de le résoudre.
  • La sieste longue en fin d'après-midi. Une sieste de moins de 20 minutes avant 15 h est sans inconvénient ; au-delà, elle vide la pression de sommeil du soir.
  • La mélatonine en libre-service. À cet âge, pas sans avis médical — ni sur le principe, ni sur la dose, ni sur l'horaire de prise, qui compte davantage que la dose.

Si malgré tout cela le sommeil reste mauvais après quatre à six semaines, ou s'il y a des réveils nocturnes liés à la douleur, cela se signale au médecin — la douleur nocturne persistante après ce type d'opération n'est pas une fatalité à endurer.

2. La forme générale, hors genou

Cette liste n'est pas un programme. C'est une liste de questions à poser au kiné. Les éléments ci-dessous sont ceux qui, en général, restent possibles pendant une rééducation de ligamentoplastie. Lesquels s'appliquent à Chloé, et à partir de quand, ne se décide qu'en séance.

DomaineCe qui est souvent envisageableÀ demander précisément
Haut du corps Assise, sans appui ni charge sur la jambe opérée : tirage élastique, développé avec haltères légers, pompes contre un mur ou un plan haut. La position assise autorisée, et si l'appui debout est permis.
Tronc Gainage dans les positions qui ne sollicitent pas le genou. Quelles variantes de planche sont permises à ce stade.
Jambe saine À ne pas négliger : renforcer la jambe non opérée produit un effet de transfert nerveux vers le membre opéré, documenté dans la littérature récente sur la ligamentoplastie. Le kiné connaît ce principe — lui demander s'il veut l'intégrer.
Cardio Le vélo d'appartement à faible résistance est souvent autorisé assez tôt, dans l'amplitude permise. Le rameur demande une flexion de genou importante : jamais sans autorisation explicite et nominative.
Marche Son objectif du moment. Progression par petits paliers, terrain plat et régulier d'abord. La durée et la fréquence à ne pas dépasser cette semaine.

La progression de la marche se mesure en minutes, pas en kilomètres, et s'augmente d'environ 10 % par semaine tant que le genou ne gonfle pas et ne fait pas plus mal le lendemain. Un gonflement ou une douleur qui augmente le jour suivant signifie qu'on est allé trop loin : on redescend d'un palier, on ne « passe pas au travers ».

3. Le moral

C'est l'enjeu le moins visible et le plus déterminant. Une rééducation de ligamentoplastie dure six à douze mois. À seize ans, c'est une éternité — et elle traverse une période où le sport est souvent lié au groupe d'amis, à l'identité et à la place qu'on occupe.

Ce qui aide

  • Rendre la progression visible. Noter les degrés de flexion, les minutes de marche, les minutes de vélo. Sans mesure, une rééducation donne l'impression de ne jamais avancer — alors qu'elle avance.
  • Des objectifs à deux ou trois semaines, jamais « quand je pourrai rejouer ». L'horizon lointain démoralise, le palier proche motive.
  • Garder le lien avec son sport et son groupe même sans pratiquer : venir aux matchs, aux entraînements, rester dans les conversations. La coupure sociale fait souvent plus de dégâts que la blessure.
  • Ne pas lui faire porter le calendrier. « Tu en es où ? » posé tous les jours transforme la rééducation en évaluation permanente. Une fois par semaine suffit largement.
  • Lui donner un objectif qui n'a rien à voir — quelque chose qu'elle peut réussir maintenant, pendant que le genou, lui, prend son temps.

Un moral bas prolongé pendant une rééducation longue est fréquent et documenté — ce n'est ni un caprice ni un manque de caractère. Un repli durable, une irritabilité inhabituelle, une perte d'intérêt pour ce qu'elle aimait, ou des troubles du sommeil qui s'installent malgré tout ce qui précède, méritent d'en parler à son médecin. Ça se prend au sérieux au même titre que le genou.

Mettre ces séances dans l'agenda

Trois créneaux de marche sans durée imposée — c'est son kiné qui la fixe semaine après semaine — et un rappel quotidien de lever à heure fixe avec sortie à la lumière du jour, qui est le levier principal sur son sommeil.

Alimentation

Le diagnostic, honnêtement

Votre alimentation est déjà bonne. Beaucoup de légumes, des soupes et salades le soir, des repas faits maison, du poisson et de la viande non transformés, un barbecue l'été. C'est une base méditerranéenne solide — le genre de socle dont la plupart des gens qui veulent perdre du poids sont très loin.

Il n'y a donc rien à révolutionner. Trois ajustements ciblés suffisent, et ils portent tous sur la même chose : la répartition des protéines dans la journée et deux ou trois sources de sucre qui passent inaperçues.

Levier 1 — Le petit-déjeuner

Aujourd'hui

Pain + confiture + lait ou cappuccino sucré, parfois des céréales. C'est un repas composé à près de 95 % de glucides, dont une bonne part de sucres rapides, et qui apporte environ 5 à 8 g de protéines. Conséquence mécanique : un pic glycémique, puis un creux vers 11 h, puis une faim disproportionnée au déjeuner.

L'ajustement

On ne supprime rien. On ajoute 20 à 25 g de protéines — c'est le changement qui a le plus d'effet sur l'appétit de toute la journée, pour un effort quasi nul.

  • Deux œufs (à la coque, brouillés, au plat) — 13 g
  • 200 g de fromage blanc ou de skyr — 15 à 20 g
  • Un yaourt grec + une poignée d'amandes ou de noix — 15 g
  • Une tranche de fromage ou de jambon sur le pain — 8 à 10 g

Les trois retouches secondaires

  • Le pain : passer au complet ou au levain. Même plaisir, satiété nettement meilleure.
  • La confiture : la garder, mais une cuillère à café plutôt qu'une couche — ou la remplacer par des fruits frais deux matins sur trois.
  • Les céréales du commerce : c'est le seul vrai point noir. Beaucoup titrent 20 à 30 % de sucre. À remplacer par des flocons d'avoine nature, ou simplement à laisser de côté.

Le sucre du cappuccino compte aussi : passer de deux morceaux à zéro prend environ trois semaines d'adaptation du goût, et ne se remarque plus ensuite.

Levier 2 — Le dîner

Aujourd'hui

Salade ou soupe, puis fromage, puis dessert. Deux points à corriger : le repas apporte très peu de protéines (or c'est le repas qui précède les 10 heures de jeûne nocturne, celui où elles comptent le plus pour préserver le muscle), et le fromage et le dessert se cumulent systématiquement.

Ajustement A — ajouter une protéine dans la salade ou la soupe

  • Salade : un ou deux œufs durs, du thon, des lentilles, des pois chiches, du poulet de la veille, du jambon, de la feta, du tofu.
  • Soupe : une poignée de lentilles corail mixées dedans. Elles rendent la soupe crémeuse, apportent 15 g de protéines et changent à peine le goût. C'est probablement l'astuce la plus rentable de ce document.

Ajustement B — fromage ou dessert

Pas les deux par défaut. Le fromage est un excellent dessert : quand il est là, il tient le rôle. Sur les soirs avec dessert, cinq sur sept relèvent du fruit, du yaourt ou de la compote sans sucre ajouté ; les deux autres restent des vrais desserts, sans négociation ni justification.

Un dîner type après ajustement : soupe de légumes aux lentilles corail + une tranche de pain complet + un fruit. Trois soirs par semaine : salade complète (œuf ou thon) + fromage.

Levier 3 — Le déjeuner

Aujourd'hui

Souvent de la viande — bœuf et poulet — ou des œufs. C'est correct : bonne source de protéines, non transformée. Le seul ajustement porte sur la variété, principalement pour des raisons de santé cardiovasculaire à long terme.

La rotation cible sur la semaine

SourcePar semainePourquoi
Volaille (poulet, dinde)2 à 3 ×Riche en protéines, pauvre en graisses saturées
Poisson2 ×Dont un gras (saumon, maquereau, sardine) pour les oméga-3
Légumineuses2 ×Lentilles, pois chiches, haricots — protéines + fibres, très rassasiantes
Œufs2 à 3 ×Excellente source, peu coûteuse
Bœuf / viande rouge1 à 2 ×À garder, sans en faire le socle de la semaine

Le format de l'assiette

La moitié en légumes, un quart en protéines (l'équivalent de la paume de la main en volume), un quart en féculents — de préférence complets. C'est une méthode visuelle qui ne demande ni balance ni application.

Le barbecue

On n'y touche pas. Le barbecue de l'été est exactement le type de moment qui rend un programme tenable sur la durée : c'est du plaisir, c'est social, c'est de la viande non transformée cuite simplement. Un plan qui le supprime est un plan qui s'arrêtera en juillet.

Trois retouches marginales, si l'envie vient : grillez des légumes en même temps (courgettes, poivrons, aubergines — c'est excellent et ça remplit l'assiette), servez les sauces à part plutôt que dessus, et prenez un pain plutôt que trois. Rien d'autre.

Les repères chiffrés

Protéines / jour
1,6 g/kg
Pendant une phase de perte de poids, c'est ce qui préserve la masse musculaire. Pour 80 kg : environ 130 g, soit 40 g par repas.
Déficit quotidien
300-500
kcal. Au-delà, on perd du muscle, on a faim en permanence, et on abandonne. C'est la limite qui rend le programme durable.
Perte hebdomadaire
0,5 kg
Maximum. Une perte plus rapide est presque toujours de l'eau et du muscle, et elle revient.

Les trois angles morts habituels

Ce que ce programme ne fait pas

Ce qu'on ne fait pas

  • Supprimer une catégorie d'aliments (pas de « sans gluten », « sans glucides », « sans lactose » sans raison médicale)
  • Compter les calories à vie
  • Peser chaque aliment
  • Jeûner de façon extrême
  • Instaurer un « cheat day » — il crée un rapport binaire à l'alimentation qui finit toujours mal
  • Acheter des substituts de repas, brûleurs ou compléments
  • Se peser tous les jours en tirant une conclusion de chaque variation

Ce qu'on fait

  • Garder les repas qu'on aime, en ajustant la composition
  • Ajouter des protéines plutôt que retirer des aliments
  • Changer deux choses à la fois, pas dix
  • Cuisiner ce qui est déjà cuisiné, un peu différemment
  • Regarder la tendance sur quatre semaines, pas le chiffre du jour
  • Accepter les repas de fête sans compensation ni culpabilité

Le transit des enfants

C'est le seul volet alimentaire qui concerne vos deux enfants — et il ne passe par aucune restriction. Il repose sur quatre leviers, dans cet ordre d'importance.

Bonne nouvelle

Les ajustements prévus pour vous et Julie règlent déjà une bonne partie du problème pour eux : le pain complet, les lentilles corail dans la soupe et les flocons d'avoine au petit-déjeuner sont précisément les aliments les plus efficaces sur le transit. Il n'y a donc pas deux cuisines à faire — juste quelques ajouts ciblés.

1. Les fibres

La cible est de l'ordre de 25 à 30 g par jour. La plupart des adolescents en consomment moins de la moitié, essentiellement parce que les légumes seuls n'y suffisent pas — ce sont les légumineuses et les céréales complètes qui font le gros du travail.

Par ordre de rendement : lentilles, pois chiches et haricots (le champion, de loin) · flocons d'avoine · pain complet ou au levain · fruits avec la peau · fruits secs (pruneaux, figues, abricots) · oléagineux · légumes.

Monter progressivement, sur deux à trois semaines. Passer brutalement de 12 à 30 g provoque des ballonnements et des douleurs — et l'enfant refuse ensuite tout ce qui ressemble à une lentille pendant six mois.

2. L'eau

Des fibres sans eau aggravent la constipation au lieu de la soulager. Les deux vont ensemble, toujours. Objectif : 1,5 à 2 litres par jour, davantage s'il fait chaud ou après une activité.

Le dispositif le plus efficace n'est pas un rappel mais un objet : une gourde visible, sur le bureau, dans le sac de cours, à côté du lit. Ce qui est en vue est bu ; ce qui est au robinet ne l'est pas.

3. Le mouvement

Le transit dépend directement de l'activité physique. C'est le facteur le plus dégradé chez Chloé en ce moment, et c'est aussi celui qui va s'améliorer tout seul à mesure que sa marche reprend — sa rééducation et son transit progressent de pair.

Pour Léo, les séances de renforcement et les sorties en montagne remplissent déjà ce rôle.

4. La régularité

Le réflexe qui déclenche l'aller aux toilettes est maximal 15 à 30 minutes après le petit-déjeuner. Un créneau tranquille et sans précipitation à ce moment-là vaut plus que n'importe quel aliment.

Le point inverse compte autant : se retenir — parce qu'on est pressé le matin, ou parce que les toilettes du collège ou du lycée sont dissuasives — est une cause très fréquente et très sous-estimée à cet âge. C'est un sujet gênant à aborder, mais il vaut la peine de l'être une fois.

Les ajouts concrets, dans vos repas actuels

MomentCe qu'on ajoutePourquoi ça marche
Petit-déjeunerFlocons d'avoine · un kiwi · deux ou trois pruneauxDeux kiwis par jour ont un effet sur le transit bien documenté, comparable à celui de compléments dédiés — et c'est un fruit que les adolescents acceptent.
DéjeunerLégumineuses deux fois par semaineDéjà prévu dans la rotation des protéines. Double bénéfice : protéines et fibres.
DînerLentilles corail dans la soupe · pain completDéjà prévu. C'est probablement le changement le plus rentable de tout ce document.
GoûterFruits secs, oléagineux, un fruit entier plutôt qu'un jusLe jus perd l'essentiel des fibres du fruit. Le fruit entier les garde.
Produits laitiersYaourt nature, kéfir, fromages fermentésApport de ferments, sans avoir besoin d'acheter quoi que ce soit de spécialisé.

Une constipation qui persiste malgré ces ajustements, qui s'accompagne de douleurs, de sang, d'une perte d'appétit ou d'une fatigue inhabituelle, relève d'un avis médical. C'est très souvent banal — mais c'est au médecin de le dire, pas à un document.

Le calendrier des changements

Tout ne démarre pas en même temps. Voici l'ordre : chaque ajustement s'installe pendant deux à quatre semaines avant que le suivant n'arrive.

SemainesCe qui changeEt rien d'autre
1 - 2Protéines au petit-déjeuner  ·  Fin des céréales sucréesLes créneaux de sport s'installent en parallèle.
3 - 4Protéine ajoutée au dîner  ·  Fromage ou dessertLe petit-déjeuner doit être devenu automatique.
5 - 8Rotation des protéines au déjeuner  ·  Pain completPremier bilan à la semaine 4.
9 - 12Alcool recadré  ·  Sucre du caféPhase « Construire » côté sport : ne pas tout durcir en même temps.
13 - 26Rien de nouveau — on tientLa suite est une affaire de constance, pas de nouveauté. Bilan à la semaine 12 puis 26.

Quantités & menus

Deux questions distinctes : combien — et là il existe une méthode qui tient sans balance — et quoi, où le vrai enjeu n'est pas de manger moins mais de manger des choses qui rassasient et qu'on a envie de refaire.

Les quantités — la méthode de la main

Pourquoi la main plutôt qu'une balance

Personne ne pèse ses aliments pendant six mois. La main, elle, est toujours disponible, et elle a une propriété utile : elle est proportionnelle à la corpulence. Un homme de 88 kg a une paume plus grande qu'une femme de 68 kg, donc la même règle donne mécaniquement des portions différentes — sans avoir à établir deux barèmes.

Par repasRepèreDamienJulieCe que ça représente
ProtéinesLa paume, hors doigts, épaisseur comprise2 paumes1 paumeViande, poisson, œufs, légumineuses, fromage blanc
LégumesLe poing fermé2 poings2 poingsAucune limite haute — c'est le seul poste qu'on peut doubler librement
FéculentsLa main en coupe2 mains1 mainPâtes, riz, pommes de terre, pain, quinoa — de préférence complets
Matières grassesLe pouce entier2 pouces1 pouceHuile, beurre, fromage, oléagineux, avocat

Cette méthode ne concerne que vous et Julie. Vos deux enfants mangent à leur faim, sans portion imposée, sans commentaire et sans qu'on compare leur assiette à la vôtre. À leur âge, le seul repère utile est : on propose de la variété, on ne contrôle pas la quantité.

Vos repères chiffrés

Indiquez le poids actuel pour obtenir les cibles. Ce sont des ordres de grandeur destinés à calibrer l'œil les premières semaines, pas des chiffres à atteindre au gramme près.

Les valeurs se mettent à jour automatiquement.

Combien de protéines dans quoi

Les quantités indiquées sont celles de l'aliment tel qu'il arrive dans l'assiette. Ordres de grandeur usuels.

AlimentPortionProtéinesFibres
Blanc de poulet150 g≈ 35 g0
Steak de bœuf 5 %150 g≈ 32 g0
Pavé de saumon150 g≈ 30 g0
Thon en boîte, égoutté100 g≈ 25 g0
Œufs2 (120 g)≈ 13 g0
Skyr / fromage blanc 0 %200 g≈ 18 g0
Yaourt grec150 g≈ 13 g0
Comté, emmental30 g≈ 8 g0
Lentilles cuites200 g≈ 18 g≈ 16 g
Pois chiches cuits200 g≈ 17 g≈ 15 g
Haricots rouges cuits200 g≈ 17 g≈ 13 g
Tofu ferme150 g≈ 22 g≈ 2 g
Flocons d'avoine60 g≈ 8 g≈ 6 g
Pain complet80 g≈ 7 g≈ 6 g
Amandes, noix30 g≈ 6 g≈ 3 g
Kiwi1≈ 1 g≈ 3 g
Pruneaux3≈ 1 g≈ 2 g

Une lecture rapide de ce tableau donne la clé du programme : les légumineuses sont les seuls aliments qui apportent à la fois beaucoup de protéines et beaucoup de fibres. Elles règlent d'un coup l'objectif protéines des adultes et l'objectif transit des enfants. C'est pour ça qu'elles reviennent partout dans les menus ci-dessous.

Menus par thématique

Thème 1 — Faire entrer les légumineuses sans que ça se voie

Objectif : deux repas par semaine minimum, sans que ça ressemble à une punition végétarienne.

Velouté de courgettes aux lentilles corail

Courgettes, oignon, une poignée de lentilles corail, bouillon. Mixer. Les lentilles fondent complètement : la soupe devient veloutée et personne ne les voit. Une noisette de crème et du poivre du moulin.

+18 g de protéines et 12 g de fibres par bol, pour un temps de préparation identique.

Chili de bœuf aux haricots rouges

On garde le bœuf, on double le volume avec les haricots. Cumin, paprika fumé, origan, et le secret : un carré de chocolat noir fondu dans la sauce. Mijoter 40 min.

Meilleur réchauffé le lendemain — c'est le plat du dimanche qui règle le lundi midi.

Dhal de lentilles corail au lait de coco

Gingembre frais, curcuma, cumin, ail, tomates concassées, lait de coco. Vingt minutes. Coriandre fraîche et un trait de citron vert au moment de servir.

Se mange seul avec du riz : c'est un plat complet, pas un accompagnement.

Salade de lentilles vertes tièdes

Lentilles du Puy encore chaudes, échalote ciselée, vinaigrette moutarde-vinaigre de vin, beaucoup de persil plat. Un œuf mollet posé dessus, ou des dés de jambon.

Tiède, c'est un plat ; froide le lendemain, c'est la lunch box.

Houmous maison

Pois chiches, tahini, citron, ail, cumin, un filet d'huile d'olive. Cinq minutes au mixeur, et c'est incomparablement meilleur que celui du commerce.

À l'apéritif avec des bâtonnets de carotte et de concombre, il remplace les chips sans que ce soit vécu comme une privation.

Pois chiches rôtis

Pois chiches égouttés, séchés, huile d'olive, paprika fumé, ail en poudre, romarin. Vingt-cinq minutes à 200 °C jusqu'à ce qu'ils croustillent.

Jetés sur des pâtes complètes, sur une salade, ou grignotés tels quels par les enfants — c'est la version qui les convertit.

Thème 2 — Vingt-cinq grammes de protéines au petit-déjeuner

Le levier le plus rentable du programme. Objectif : que ce soit prêt en moins de six minutes, sinon ça ne tiendra pas.

Œufs brouillés lentement

Deux ou trois œufs, feu très doux, on remue sans arrêt, on retire avant que ce soit sec. Une noisette de beurre à la fin, ciboulette. Sur du pain complet grillé, avec une demi-tomate.

≈ 22 g de protéines · 6 minutes. La cuisson lente change tout : c'est crémeux au lieu d'être caoutchouteux.

Bol de skyr, miel et noix

200 g de skyr, une cuillère à café de miel, une poignée de noix ou d'amandes concassées, quelques myrtilles ou une pomme râpée. Cannelle.

≈ 24 g de protéines · 2 minutes. Le petit-déjeuner des matins pressés.

Porridge d'avoine

60 g de flocons d'avoine, lait, une pincée de sel. Cinq minutes à feu doux en remuant. Une cuillère de purée de cacahuète, une banane écrasée, cannelle.

≈ 20 g de protéines et 8 g de fibres. Le plus rassasiant de la liste — et celui que les enfants réclament l'hiver.

Tartine fromage blanc et saumon fumé

Pain complet ou au levain, fromage blanc épais à la place du beurre, saumon fumé, aneth, un tour de moulin, quelques gouttes de citron.

≈ 25 g de protéines. Le petit-déjeuner qui a l'air d'un déjeuner — et qui tient jusqu'à 13 h sans effort.

Pancakes avoine-banane

Deux œufs, 60 g de flocons d'avoine mixés, une banane écrasée, une pincée de levure. À la poêle. La pâte se prépare la veille et se garde deux jours.

Le compromis parfait pour les enfants : ils ont l'impression de manger un dessert au petit-déjeuner.

Le petit-déjeuner salé du dimanche

Œufs au plat, champignons poêlés à l'ail, tomates grillées, une tranche de pain complet. Sans course contre la montre.

C'est le repas qui rend le changement désirable au lieu de contraignant — gardez-le pour le jour où vous avez le temps d'en profiter.

Thème 3 — Le dîner qui rassasie

Vos soupes et salades restent la base. On leur ajoute simplement de quoi tenir la nuit.

Salade lyonnaise revisitée

Mâche ou frisée, œuf mollet, allumettes de dinde ou de bacon grillées, croûtons de pain complet frottés à l'ail, vinaigrette moutarde.

Velouté de potimarron et son comté

Potimarron, oignon, une poignée de lentilles corail, muscade. Servi avec 30 g de comté : le fromage devient la protéine du repas plutôt qu'un supplément.

Salade de thon aux haricots blancs

Haricots blancs, thon, oignon rouge finement émincé, persil plat, huile d'olive, citron, poivre. Cinq minutes, aucun matériel.

Le dîner d'urgence des soirs où l'on rentre tard.

Velouté de brocoli, œuf poché

Brocoli, poireau, bouillon, un soupçon de crème. Un œuf poché posé au centre du bol, qui coule dans la soupe. Poivre et huile de noisette.

Salade grecque complète

Feta, concombre, tomate, olives noires, pois chiches, oignon rouge, origan, huile d'olive. Les pois chiches en font un vrai repas.

L'assiette froide

Houmous, œufs durs, crudités variées, pain complet, quelques olives. Rien à cuire, tout se pioche, et ça marche aussi bien pour quatre que pour un.

Thème 4 — Barbecue et repas de fête

On ne change ni la fréquence ni le principe. On étoffe simplement ce qu'il y a autour de la viande.

Brochettes de poulet mariné au yaourt

Yaourt, citron, ail, origan, paprika, une nuit au frais. Le yaourt attendrit la viande et évite qu'elle sèche : c'est meilleur que la marinade à l'huile, et plus léger.

Les légumes du barbecue

Courgettes en lamelles, poivrons entiers, aubergines, oignons rouges, tomates. Huile d'olive, romarin, gros sel. Ils cuisent en même temps que la viande, sans travail supplémentaire.

C'est le seul ajustement qui change vraiment quelque chose : l'assiette se remplit de légumes grillés, et on prend spontanément moins de pain.

Sardines grillées

Gros sel, citron, un peu d'huile. Cinq minutes de chaque côté. Excellentes en oméga-3, bon marché, et elles remplacent une fois sur trois la viande rouge sans que ce soit un renoncement.

Les accompagnements

Salade de lentilles à l'échalote, taboulé de quinoa aux herbes, épis de maïs, patates douces en papillote. À la place des chips, pas en plus.

Les sauces, à part

Tzatziki, sauce yaourt-herbes-citron, chimichurri. Servies à côté plutôt que sur la viande : on en met ce qu'on veut, et on en met naturellement moins.

Le dessert du barbecue

Brochettes d'ananas et de pêches grillées, un filet de miel, une pointe de piment d'Espelette. Le sucre du fruit caramélise : c'est meilleur qu'une glace, et c'est du sucre accompagné de fibres.

Thème 5 — Ce qui aide le transit des enfants

Smoothie du matin

Kiwi, banane, yaourt nature, une cuillère de flocons d'avoine, un peu de lait. Trente secondes au mixeur.

Environ 6 g de fibres dans un verre qui passe pour une gourmandise.

Compote pomme-pruneau maison

Pommes, quelques pruneaux dénoyautés, un fond d'eau, vingt minutes. Sans sucre ajouté — les pruneaux suffisent largement.

Barres avoine-dattes-noix

Dattes mixées, flocons d'avoine, noix concassées, une cuillère de purée d'amande. On presse dans un moule, on met au frais, on découpe.

Le goûter qui remplace les barres industrielles sans négociation.

La tartine du goûter

Pain complet grillé, purée de cacahuète sans sucre ajouté, rondelles de banane, une pincée de cannelle.

Une semaine type

Un exemple complet, à piocher plutôt qu'à suivre. Les enfants mangent la même chose, en quantité libre.

JourMatinMidiSoir
LundiSkyr, noix, myrtillesPoulet rôti, ratatouille, riz completVelouté de courgettes aux lentilles corail, comté
MardiŒufs brouillés, pain complet, tomateSalade de lentilles tièdes, œuf molletSoupe de légumes, tartine de houmous, fruit
MercrediPorridge d'avoine, banane, cannelleCabillaud, poêlée de légumes, pommes de terreSalade grecque aux pois chiches
JeudiTartine fromage blanc, saumon fuméChili de bœuf aux haricots rougesVelouté de brocoli, œuf poché, fruit
VendrediSkyr, pomme râpée, amandesOmelette aux champignons, salade verte, pain completSalade de thon aux haricots blancs
SamediPancakes avoine-bananeDhal de lentilles corail, rizAssiette froide : houmous, œufs durs, crudités
DimanchePetit-déjeuner salé : œufs, champignons, tomates grilléesBarbecue : brochettes de poulet, légumes grillés, salade de lentillesSoupe légère, fromage, brochettes de fruits grillés

Cette semaine contient six repas à base de légumineuses, un petit-déjeuner protéiné tous les jours, un barbecue intact, du fromage, un dessert le dimanche — et pas un seul aliment interdit. C'est à peu près l'inverse d'un régime, et c'est précisément pour ça que c'est tenable en février comme en juillet.

Agenda

Bloquez d'abord vos créneaux indisponibles ci-dessous, puis laissez le programme proposer les séances dans ce qui reste. Vous pouvez ajuster chaque séance à la main avant de télécharger le fichier .ics, qui s'importe dans Google Agenda, Apple Calendrier ou Outlook.

Pourquoi passer par l'agenda

Une séance qui n'a pas d'heure n'a pas lieu. C'est le facteur qui distingue le plus nettement les programmes tenus des programmes abandonnés : le créneau existe dans l'agenda au même titre qu'une réunion, il est répété toutes les semaines, et on ne se demande plus chaque jour quand on va le faire.

1. Les créneaux indisponibles, personne par personne

Chacun a ses propres contraintes : le travail pour vous et Julie, les cours et le kiné pour les enfants. Choisissez de qui vous remplissez la grille, puis cliquez ou faites glisser. Un clic sur un jour ou sur une heure bascule toute la colonne ou toute la ligne. Le pas est de 30 minutes : une séance peut commencer à 18:30 comme à 18:00.

Raccourci travail ou cours :
Repas : 12:00-13:00 et 19:00-19:30, tous les jours.

Copier cette grille vers Utile quand deux personnes ont les mêmes horaires.
Disponible Indisponible Damien Julie Léo Chloé Séance de quelqu'un d'autre — dans sa couleur, en retrait

2. Les séances communes

Certaines séances gagnent à être faites ensemble — et l'une d'elles doit l'être. Le placement automatique les traite en premier, sur un créneau libre pour tous les participants : l'intersection des disponibilités, pas leur union.

3. Le placement des séances

minutes avant chaque séance Ce délai vaut pour la notification du navigateur et pour le rappel inscrit dans le fichier d'agenda.

4. Le téléchargement

Un fichier par personne, ou un fichier unique regroupant tout le monde. Les séances sont créées comme événements hebdomadaires répétés sur 26 semaines, en heure de Paris.

Si le téléchargement est bloqué par votre navigateur, utilisez « Afficher le contenu » et collez le texte dans un fichier enregistré avec l'extension .ics.

Une précaution pour Chloé

Les créneaux de marche générés pour Chloé ne contiennent aucune durée — seulement un rappel que la durée est celle fixée par son kiné cette semaine-là. Le fichier réserve le moment ; c'est son kiné qui décide de ce qu'on y met.

Suivi

La saisie se fait sur l'onglet de chaque personne, en une minute le dimanche soir. Cette page ne fait que rassembler et lire les chiffres.

Comment lire ces chiffres

Le poids d'un jour donné ne veut rien dire. Il varie de 1 à 2 kg selon l'hydratation, le sel, le transit et l'heure. Seule la tendance sur quatre semaines est informative — c'est pourquoi le graphique affiche une moyenne mobile en pointillés : c'est elle qu'il faut regarder, pas les points.

Pesée : une fois par semaine, le même jour, le matin, à jeun, avant de boire.

La synthèse

Courbe de poids

Damien Julie Moyenne 4 semaines

Saisissez au moins deux pesées depuis les onglets Damien ou Julie pour voir la courbe apparaître.

Les enfants

Aucune donnée de poids n'est enregistrée pour vos enfants, et c'est délibéré. Ils sont en croissance : on suit ce qu'ils font et comment ils vont — pas ce qu'affiche une balance.

Léo — sommeil Chloé — sommeil Cible à cet âge : 8 à 10 h

Renseignez le sommeil sur leurs onglets pour voir la courbe.

Le récapitulatif

Les habitudes de la semaine

Quatre sur neuf est une bonne semaine. Neuf sur neuf n'est pas l'objectif.

Le rappel de saisie

Une notification du navigateur vous rappelle de remplir le suivi. Elle ne peut s'afficher que si l'application est ouverte dans un onglet — c'est une limite du navigateur, pas un réglage. Le rappel qui fonctionne même application fermée est celui de l'onglet Agenda, qui pose l'événement dans votre calendrier.

Les trois bilans

Semaine 4

La régularité tient-elle ?

La seule question à ce stade. Le poids n'a presque aucune importance. Si les séances ne se font pas, on réduit l'objectif (deux séances au lieu de trois, 30 min au lieu de 45) — on ne force pas, on ne culpabilise pas. Un plan qu'on tient à 60 % vaut mieux qu'un plan abandonné.

Semaine 12

Bilan de mi-parcours

Poids, tour de taille, mais surtout : qu'est-ce qui est devenu naturel et qu'est-ce qui demande encore un effort de volonté ? Ce qui demande encore un effort au bout de trois mois doit être remplacé par autre chose, pas maintenu par la discipline.

Semaine 26

Et après ?

Fin du programme, début du reste. On définit le format de maintien : quelles séances on garde, lesquelles on remplace, ce qu'on s'autorise à relâcher. Le maintien demande moins que la perte — mais il demande quelque chose.

Le plateau

Vers la 8e ou 12e semaine, le poids cessera de descendre pendant deux à quatre semaines. C'est normal et attendu — le corps s'adapte, l'eau se redistribue, la dépense de repos baisse un peu avec le poids. Ce n'est pas un signe que le programme ne marche plus.

Ce qu'il faut faire : augmenter la marche quotidienne, vérifier que les protéines sont toujours au niveau, dormir davantage, et attendre deux à trois semaines. La courbe repart presque toujours.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire : couper davantage les calories ou ajouter des séances. C'est le réflexe naturel, et c'est ce qui transforme un plateau temporaire en abandon.

Les données

Tout est enregistré sur le serveur, dans une base SQLite du volume Docker. Rien ne dépend du navigateur ni de l'appareil : la saisie faite sur le téléphone apparaît sur l'ordinateur.